Équipage rime avec sauvageExtrait de Mon bateau, ma tribu, 7 juin 2013.
Encore une chose que l’on perçoit lorsque l’on navigue un peu longtemps, les rapports humains changent. Je ne parle pas de l’aspect “L’enfer c’est les autres” si souvent évoqué en bateau. Au contraire. Je m’aperçois que Caroline et moi changeons de relations en mer. À terre, nous sommes un couple banal, ensemble depuis 14 ans. Nous nous aimons avec nos hauts et nos bas, nos agacements, nos ravissements. En mer, nos liens deviennent plus organiques, plus tribaux, plus originels. L’attachement à l’autre devient plus instinctif, plus animal. Je crois que cela est dû à l’environnant et au fractionnement du sommeil. Le grand singe qui est en nous perçoit l’imminence possible du danger, et si l’on n’est pas trop exalté, notre conscience fait de même. Peut-être qu’en nous aventurant délibérément dans un univers “hostile”, où le sommeil doit rester léger, nous réveillons des vigilances et des attachements viscéraux au groupe dont la vie moderne à terre nous a coupées. Quelle que soit la raison, cette petite finesse raffermit les liens entre les équipiers. La mer fait passer de l’équipe à l’équipage. Mon équipage. Quand j’entends ce mot qui rime avec sauvage, j’entends battre le cœur de ma tribu.
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vendredi 14 juin 2013
Relations dans un equipage
Passage interessant (et tres vrai) que l'on peut lire sur le blog du bateau Loick
dimanche 9 juin 2013
Conseil de guerre
Salut tout le monde.
Partis vendredi a l'aube, notre periple vers St John's s'est arrete
apres 40 milles nautiques car meme si 15 noeuds de portant s'etaient
annonces a la fete, les deux tiers ne sont pas venus... Un peu leger
pour faire 200 milles!
Nous decidons donc d'explorer la cote sud de Terre-Neuve. L'abri pour la
nuit fut choisi avec soin car une depression bien creuse etait prevue
pour le week-end, avec des vents de 30 noeuds sur les fichiers meteo.
En effet, le mouillage bien protege de Little St Lawrence, nous a permis
de passer une nuit tranquille, mais sifflante, avec 35 noeuds de vent
d'Est. Au moment ou je vous ecris, la queue de la depression passe, et
l'anemo ne monte plus qu'a 25 noeuds du Nord dans les rafales. On tient
le bon bout :-)
La meteo dans ce coin est encore tres capricieuse (tout ou rien), et
cela nous a conduit a prendre une difficile decision. On laisse tomber
le Groenland. Plusieurs raisons:
- On nous a beaucoup parle de la cote Nord-Est de Terre-Neuve, la Baie
de Notre-Dame entre autres. On y verra moultes baleines et notre lot
d'icebergs. Dommage de passer au large a toute vitesse.
- Cette cote offre un bon point de depart pour l'Islande: courants et
vents plus favorables que depuis le Cap Farewell (pointe sud du
Groenland), toute la cote est equidistante de l'Islande donc propice
pour se lancer, ou que l'on soit, des que la meteo le permet, sans nous
restreindre a un endroit precis.
- on a des copains a voir en Islande :-) et plus personne qui nous
attend au Groenland
- arriver dans les temps pour voir les copains en Islande nous laisse
environ 10 jours de visite au Groenland (si la meteo est bonne), ce
qu'on trouve un peu leger pour 700 milles de route supplementaire et des
fenetres meteo tres etroites au niveau du Cap Farewell.
Bref, meme si on sait qu'on va le regretter, on fait le choix de moins
de stress et plus de plaisir pour la fin du voyage.
Voilou, c'etaient les dernieres nouvelles de l'Olonnois. Bonne fin de
week-end a tous!
Partis vendredi a l'aube, notre periple vers St John's s'est arrete
apres 40 milles nautiques car meme si 15 noeuds de portant s'etaient
annonces a la fete, les deux tiers ne sont pas venus... Un peu leger
pour faire 200 milles!
Nous decidons donc d'explorer la cote sud de Terre-Neuve. L'abri pour la
nuit fut choisi avec soin car une depression bien creuse etait prevue
pour le week-end, avec des vents de 30 noeuds sur les fichiers meteo.
En effet, le mouillage bien protege de Little St Lawrence, nous a permis
de passer une nuit tranquille, mais sifflante, avec 35 noeuds de vent
d'Est. Au moment ou je vous ecris, la queue de la depression passe, et
l'anemo ne monte plus qu'a 25 noeuds du Nord dans les rafales. On tient
le bon bout :-)
La meteo dans ce coin est encore tres capricieuse (tout ou rien), et
cela nous a conduit a prendre une difficile decision. On laisse tomber
le Groenland. Plusieurs raisons:
- On nous a beaucoup parle de la cote Nord-Est de Terre-Neuve, la Baie
de Notre-Dame entre autres. On y verra moultes baleines et notre lot
d'icebergs. Dommage de passer au large a toute vitesse.
- Cette cote offre un bon point de depart pour l'Islande: courants et
vents plus favorables que depuis le Cap Farewell (pointe sud du
Groenland), toute la cote est equidistante de l'Islande donc propice
pour se lancer, ou que l'on soit, des que la meteo le permet, sans nous
restreindre a un endroit precis.
- on a des copains a voir en Islande :-) et plus personne qui nous
attend au Groenland
- arriver dans les temps pour voir les copains en Islande nous laisse
environ 10 jours de visite au Groenland (si la meteo est bonne), ce
qu'on trouve un peu leger pour 700 milles de route supplementaire et des
fenetres meteo tres etroites au niveau du Cap Farewell.
Bref, meme si on sait qu'on va le regretter, on fait le choix de moins
de stress et plus de plaisir pour la fin du voyage.
Voilou, c'etaient les dernieres nouvelles de l'Olonnois. Bonne fin de
week-end a tous!
mardi 26 février 2013
Vol de nuit
La nuit est calme. La lune est pleine, et son eclat n'est attenue par
aucun nuage. L'Olonnois glisse sur l'eau a plus de 6 noeuds. La mer,
plate il y a une heure encore, s'agite un peu: une houle d'Est arrive
sur notre travers maintenant que Long Island ne nous protege plus. Mais
comme le bateau est bien toile, - grand voile 1 ris et genois entier, il
reste stable et agreable a vivre.
Un "vol de nuit" dans ces conditions c'est idyllique... et rare.
Nous avons quitte Georgetown en fin d'apres midi, avec la maree haute.
Cette escale aura fait remonter les Bahamas dans notre estime. Non pas
que la ville soit tres interessante, mais elle a son petit charme.
Stocking Island, au large de Georgetown est tres jolie aussi. Et la
quantite incroyable de bateaux au mouillage favorise les rencontres.
Justement, hier, nous revenions d'une super ballade sur la cote de
Stocking Island ouverte sur l'ocean: plage de sable blanc et fin comme
de la farine; petites "piscines" d'eau transparente crees par le
corail... Bref!, en revenant de cette magnifique ballade, nous faisons
la rencontre de Kim et Bob, un couple avec deux enfants, croisant sur un
Hallberg Rassy de 35 pieds. "C'est vous qui etes sur le bateau
norvegien? On va mettre le cap sur l'Europe, et on espere visiter la
Norvege en Aout". Sachant qu'ils sont originaires du Maine, super region
du Nord-Est des USA qui se trouve sur notre route, il semblerait que
nous ayons des choses a nous dire et des tuyaux a echanger! Les-dits
tuyaux furent echanges autour d'un bon diner, et on s'est donne
rendez-vous dans le Maine fin Avril et, a Trondheim fin Aout!
Plus generalement, c'est incroyable de penser a la quantite de
rencontres que l'on a faites (et que l'on va encore faire!) pendant ce
voyage. Autant de personnes aux origines differentes, et aux occupations
terriennes diametralement opposees. Mais ce qui relie tout ce beau petit
monde, c'est de savoir que l'autre n'est pas foncierement different :-)
Lui aussi il a choisi de parcourir des distances invraissemblables, a
12km/h certes, mais a la force de ses ptits bras et du vent. Et lui
aussi est devenu un peu plus humble quand ce jour la, la mer a decide
qu'elle ne l'aimait pas! Bref, du telescopage improbable a terre, mais
des valeurs communes et une complicite plus facile en mer. La grande
question est de savoir si ces amities liees en mer perdurent a terre, ou
si nos differences reprennent le dessus. Mais pour ca... on verra plus tard.
Nous voila en tous cas en route pour Marsh Harbour, sur l'ile d'Abacos,
au Nord des Bahamas. La meteo se degrade sacrement en fin de semaine, et
nous voudrions etre arrives dans cette zone avant ca. On profite de
notre derniere "longue" navigation dans les eaux chaudes, car la
prochaine (Marsh Harbour - New York, via le Cap Hatteras) sera surement
plus vivifiante!
Allez, bonne semaine tout le monde!
T.
aucun nuage. L'Olonnois glisse sur l'eau a plus de 6 noeuds. La mer,
plate il y a une heure encore, s'agite un peu: une houle d'Est arrive
sur notre travers maintenant que Long Island ne nous protege plus. Mais
comme le bateau est bien toile, - grand voile 1 ris et genois entier, il
reste stable et agreable a vivre.
Un "vol de nuit" dans ces conditions c'est idyllique... et rare.
Nous avons quitte Georgetown en fin d'apres midi, avec la maree haute.
Cette escale aura fait remonter les Bahamas dans notre estime. Non pas
que la ville soit tres interessante, mais elle a son petit charme.
Stocking Island, au large de Georgetown est tres jolie aussi. Et la
quantite incroyable de bateaux au mouillage favorise les rencontres.
Justement, hier, nous revenions d'une super ballade sur la cote de
Stocking Island ouverte sur l'ocean: plage de sable blanc et fin comme
de la farine; petites "piscines" d'eau transparente crees par le
corail... Bref!, en revenant de cette magnifique ballade, nous faisons
la rencontre de Kim et Bob, un couple avec deux enfants, croisant sur un
Hallberg Rassy de 35 pieds. "C'est vous qui etes sur le bateau
norvegien? On va mettre le cap sur l'Europe, et on espere visiter la
Norvege en Aout". Sachant qu'ils sont originaires du Maine, super region
du Nord-Est des USA qui se trouve sur notre route, il semblerait que
nous ayons des choses a nous dire et des tuyaux a echanger! Les-dits
tuyaux furent echanges autour d'un bon diner, et on s'est donne
rendez-vous dans le Maine fin Avril et, a Trondheim fin Aout!
Plus generalement, c'est incroyable de penser a la quantite de
rencontres que l'on a faites (et que l'on va encore faire!) pendant ce
voyage. Autant de personnes aux origines differentes, et aux occupations
terriennes diametralement opposees. Mais ce qui relie tout ce beau petit
monde, c'est de savoir que l'autre n'est pas foncierement different :-)
Lui aussi il a choisi de parcourir des distances invraissemblables, a
12km/h certes, mais a la force de ses ptits bras et du vent. Et lui
aussi est devenu un peu plus humble quand ce jour la, la mer a decide
qu'elle ne l'aimait pas! Bref, du telescopage improbable a terre, mais
des valeurs communes et une complicite plus facile en mer. La grande
question est de savoir si ces amities liees en mer perdurent a terre, ou
si nos differences reprennent le dessus. Mais pour ca... on verra plus tard.
Nous voila en tous cas en route pour Marsh Harbour, sur l'ile d'Abacos,
au Nord des Bahamas. La meteo se degrade sacrement en fin de semaine, et
nous voudrions etre arrives dans cette zone avant ca. On profite de
notre derniere "longue" navigation dans les eaux chaudes, car la
prochaine (Marsh Harbour - New York, via le Cap Hatteras) sera surement
plus vivifiante!
Allez, bonne semaine tout le monde!
T.
mercredi 9 janvier 2013
6 mois
... que nous sommes partis. Il va sans dire que c'est passe tres vite... Plus que 7 et des poussieres!
mardi 18 décembre 2012
Life at sea - 5
La vie suit son court sur l'Olonnois comme nous approchons des cotes de
la Martinique. A l'heure ou je vous parle (7h UTC, 3h heure locale dans
la nuit de lundi a mardi), nous sommes a 250 milles nautiques des
Antilles francaises et pensons toucher terre d'ici 2 jours.
Apres un debut de nuit agite avec notamment un grain violent (de 12 a 25
noeuds de vent apparent en quelques minutes), les conditions sont
maintenant plus ou moins stables. Tout en gardant un oeil sur le ciel et
les grains, je peux prendre un peu de temps tranquille a la table a carte.
Comme prevu le vent est revenu au cours de la nuit derniere. Un peu
leger les premieres heures, il souffle maintenant a 15 noeuds etabli et
l'Olonnois file ses 5-6 noeuds dans la nuit noire! Quel plaisir de
sentir de nouveau le bateau glisser sur l'eau, de pouvoir eteindre le
moteur et d'entendre le chuintement de l'eau sur la coque... ahhh la voile!!
Hier, derniere journee dans la petole, nous aura gratifiee (enfin!)
d'une prise sur notre ligne de traine. Un thon rouge de 50cm et environ
2 kg, surnomme "Jonathon". Aussitot peche, aussitot decoupe et aussitot
dans l'assiette! Il faut dire que compare a la combativite des daurades,
ce thon nous a paru bien facile a pecher. Steak de thon, thon au epices,
rillettes de thon, risotto de thon... toutes les idees sont bonnes pour
accommoder cette chaire succulente. Exactement ce qu'il fallait pour
nous changer du regime "boites de conserve" commence il y a maintenant
une bonne semaine.
Avec l'approche des cotes, on voit aussi de plus en plus de voiliers.
Certains passent au loin et on ne voit que leurs feux de mat ou meme que
leur trace sur l'AIS alors que d'autres passent beaucoup plus pres et on
peut alors echanger de grands signes et meme parfois quelques mots sur
la VHF. C'est fou comme 2 semaines de mer rendent les marins sociables!
Bizarrement, je suis a la fois impatiente et pas vraiment pressee de
toucher terre. Apres 18 jours de mer, c'est bien sur excitant de sentir
qu'on approche. Je suis particulierement impatiente de pouvoir dormir
une nuit complete et de retrouver des fruits et legumes frais, de
decouvrir cette ile qu'on dit tres belle, de retrouver ma famille. Mais
en meme temps, toucher terre veut aussi dire renouer avec la vie
"normale" et donc s'atteler au nettoyage du bateau, a la liste de
bricolage, aux courses diverses, au dedale des formalites d'entree... Il
nous faudra en particulier, trouver un moyen de reparer les bagues qui
soutiennent la meche de safran qui ont pris un jeu inquietant pendant le
traversee. Sur la liste figure aussi le changement du secteur de barre,
la maintenance du moteur et du verin du pilote... bref, pas de quoi
s'ennuyer encore une fois!
En attendant le debut de ces rejouissances, je sors profiter de la nuit
etoilee. Bonsoir tout le monde!
la Martinique. A l'heure ou je vous parle (7h UTC, 3h heure locale dans
la nuit de lundi a mardi), nous sommes a 250 milles nautiques des
Antilles francaises et pensons toucher terre d'ici 2 jours.
Apres un debut de nuit agite avec notamment un grain violent (de 12 a 25
noeuds de vent apparent en quelques minutes), les conditions sont
maintenant plus ou moins stables. Tout en gardant un oeil sur le ciel et
les grains, je peux prendre un peu de temps tranquille a la table a carte.
Comme prevu le vent est revenu au cours de la nuit derniere. Un peu
leger les premieres heures, il souffle maintenant a 15 noeuds etabli et
l'Olonnois file ses 5-6 noeuds dans la nuit noire! Quel plaisir de
sentir de nouveau le bateau glisser sur l'eau, de pouvoir eteindre le
moteur et d'entendre le chuintement de l'eau sur la coque... ahhh la voile!!
Hier, derniere journee dans la petole, nous aura gratifiee (enfin!)
d'une prise sur notre ligne de traine. Un thon rouge de 50cm et environ
2 kg, surnomme "Jonathon". Aussitot peche, aussitot decoupe et aussitot
dans l'assiette! Il faut dire que compare a la combativite des daurades,
ce thon nous a paru bien facile a pecher. Steak de thon, thon au epices,
rillettes de thon, risotto de thon... toutes les idees sont bonnes pour
accommoder cette chaire succulente. Exactement ce qu'il fallait pour
nous changer du regime "boites de conserve" commence il y a maintenant
une bonne semaine.
Avec l'approche des cotes, on voit aussi de plus en plus de voiliers.
Certains passent au loin et on ne voit que leurs feux de mat ou meme que
leur trace sur l'AIS alors que d'autres passent beaucoup plus pres et on
peut alors echanger de grands signes et meme parfois quelques mots sur
la VHF. C'est fou comme 2 semaines de mer rendent les marins sociables!
Bizarrement, je suis a la fois impatiente et pas vraiment pressee de
toucher terre. Apres 18 jours de mer, c'est bien sur excitant de sentir
qu'on approche. Je suis particulierement impatiente de pouvoir dormir
une nuit complete et de retrouver des fruits et legumes frais, de
decouvrir cette ile qu'on dit tres belle, de retrouver ma famille. Mais
en meme temps, toucher terre veut aussi dire renouer avec la vie
"normale" et donc s'atteler au nettoyage du bateau, a la liste de
bricolage, aux courses diverses, au dedale des formalites d'entree... Il
nous faudra en particulier, trouver un moyen de reparer les bagues qui
soutiennent la meche de safran qui ont pris un jeu inquietant pendant le
traversee. Sur la liste figure aussi le changement du secteur de barre,
la maintenance du moteur et du verin du pilote... bref, pas de quoi
s'ennuyer encore une fois!
En attendant le debut de ces rejouissances, je sors profiter de la nuit
etoilee. Bonsoir tout le monde!
jeudi 13 décembre 2012
Petites pensees a mi-parcours
Mi-parcours, nous y etions hier... 1000 milles devant, 1000 milles
derriere, en plein milieu de l'ocean atlantique... ca donnerait presque
le tournis!
Mi-parcours, un moment cle de cette transat que nous avons dignement
fetee hier soir. Au menu de cette soiree de fete: mijote de canard aux
pruneaux et ses petites patates, vin blanc tcheque et tarte aux noix. Un
festin comme on n'en avait plus fait depuis bien longtemps! Sous pilote
avec GV 2 ris et genois tangonne, L'Olonnois avance tranquillement dans
la lumiere du crepuscule. Nous profitons d'un magnifique couche de
soleil en buvant notre tisane "en terrasse". Et puis c'est direction le
lit pour Thomas et moi, et la vaisselle pour Eloise qui prend tous les
jours le premier quart de nuit. C'est sans se douter qu'une nuit
perturbee nous attend qu'on s'endort beatement!
La nuit n'est en effet pas aussi agreable que la soiree, a croire qu'on
a irrite Neptune (qui lui n'a pas eu droit a sa cuisse de canard) avec
notre instant gastronomique. Plusieurs grains violents en debut de nuit
nous obligent a etre continuellement a la barre tant les sautes de vent
sont brusques et radicales. La fin de nuit n'est pas plus calme avec
deux gros grains orageux aux alentours... les eclairs se succedent au
rythme de plusieurs par minute et, a la barre, je n'en mene pas large.
Je finis par reveiller l'equipage et, apres un conseil de guerre, on
decide d'empanner dans l'espoir de s'eloigner des grains. Empanner le
genois tangonne, de nuit, nous prend un peu de temps, mais la manoeuvre
est executee sans probleme. On repart finalement sous GV 2 ris et
trinquette, le vent ayant atteint les 25 noeuds reels. 1 heure plus
tard, nous affalerons aussi la GV, on a alors un bon 30 noeuds de vent.
Les grains s'essouflent avec le jour qui se leve et on peut commencer a
renvoyer de la toile vers midi (UTC)... quelle nuit!! L'ocean aura pris
sa dime avant de bien vouloir nous laisser passer dans l'autre moitie!
Pour l'heure, il est 6h du matin UTC (vers les 3h du matin heure
locale). Grosse pluie dehors et un petit 20 noeuds de vent tout a fait
maniable. Le bruit de la pluie sur la coque berce les dormeurs et je me
prend a reflechir a notre bien insignifiante position de "marins" au
centre d'un ocean.
Bizarrement, c'est dur de realiser qu'on est au milieu de l'Atlantique.
Une transat c'est finalement une navigation comme les autres (un bateau,
un equipage et la meteo), sauf qu'elle dure plus longtemps. Grace a
l'iridium, on reste connectes au reste du monde, on recoit les emails,
on lit vos commentaires et on prend la meteo. On est loin des
navigations d'antant ou les marins devaient envoyer des messages au
lance-pierre sur le pont des cargos pour donner de leurs nouvelles.
Mais je dirais qu'avant tout, cette transat c'est une belle aventure
humaine. Un equipage de 3 personnes sur un petit bateau, sans acces a
l'electricite autre que celle qu'on peut produire, sans eau courante,
sans supermarche au coin de la rue et soumis aux caprices de la mer...
ca apprend beaucoup sur la vie! La patience vis-a-vis des autres, le
partage des taches du bord, gerer la fatigue et le stress d'une meteo
pas toujours favorable, prendre le temps de reflechir a soi, sentir la
nature partout autour... sont quelques unes des petites choses que j'ai
appris/j'apprend en mer. Mais cette vie simple et detachee de tout me
montre surtout qu'il y a autre chose, autre chose que notre vie
trepidante et bien reglee de citadins. Un endroit ou les minutes n'ont
pas la meme valeur et ou l'on redecouvre la juste valeur des petits
plaisirs trop facilement accessibles dans notre quotidien d'europeens.
Si je devais retenir un seul apsect positif a cette longue traversee je
dirais que c'est d'avoir du temps pour soi. Du temps pour lire tout son
saoul, pour cuisiner, pour reflechir, pour discuter et puis aussi du
temps pour ne rien faire, juste se poser sur le pont et regarder la
valse des poissons volants. Apprendre a ne rien faire. Vous allez rire,
mais ce n'est pas si facile!
De meme, si je ne devais retenir qu'un seul aspect un peu plus difficile
de cette transat, ca serait notre "malchance" avec le temps. Apres la
"machine a laver" des premiers jours, on a eu 3 petits jours
magnifiques. On est maintenant dans un front pluvieux, tout est gris
dehors et les temperatures ont bien baissees. Les previsions pour la
suite ne sont gueres encourageantes avec beaucoup de petole! Mais on a
toujours bon espoir d'etre en Martinique avant le 23 decembre pour
pouvoir accueillir ma famille comme il se doit!
Marie
derriere, en plein milieu de l'ocean atlantique... ca donnerait presque
le tournis!
Mi-parcours, un moment cle de cette transat que nous avons dignement
fetee hier soir. Au menu de cette soiree de fete: mijote de canard aux
pruneaux et ses petites patates, vin blanc tcheque et tarte aux noix. Un
festin comme on n'en avait plus fait depuis bien longtemps! Sous pilote
avec GV 2 ris et genois tangonne, L'Olonnois avance tranquillement dans
la lumiere du crepuscule. Nous profitons d'un magnifique couche de
soleil en buvant notre tisane "en terrasse". Et puis c'est direction le
lit pour Thomas et moi, et la vaisselle pour Eloise qui prend tous les
jours le premier quart de nuit. C'est sans se douter qu'une nuit
perturbee nous attend qu'on s'endort beatement!
La nuit n'est en effet pas aussi agreable que la soiree, a croire qu'on
a irrite Neptune (qui lui n'a pas eu droit a sa cuisse de canard) avec
notre instant gastronomique. Plusieurs grains violents en debut de nuit
nous obligent a etre continuellement a la barre tant les sautes de vent
sont brusques et radicales. La fin de nuit n'est pas plus calme avec
deux gros grains orageux aux alentours... les eclairs se succedent au
rythme de plusieurs par minute et, a la barre, je n'en mene pas large.
Je finis par reveiller l'equipage et, apres un conseil de guerre, on
decide d'empanner dans l'espoir de s'eloigner des grains. Empanner le
genois tangonne, de nuit, nous prend un peu de temps, mais la manoeuvre
est executee sans probleme. On repart finalement sous GV 2 ris et
trinquette, le vent ayant atteint les 25 noeuds reels. 1 heure plus
tard, nous affalerons aussi la GV, on a alors un bon 30 noeuds de vent.
Les grains s'essouflent avec le jour qui se leve et on peut commencer a
renvoyer de la toile vers midi (UTC)... quelle nuit!! L'ocean aura pris
sa dime avant de bien vouloir nous laisser passer dans l'autre moitie!
Pour l'heure, il est 6h du matin UTC (vers les 3h du matin heure
locale). Grosse pluie dehors et un petit 20 noeuds de vent tout a fait
maniable. Le bruit de la pluie sur la coque berce les dormeurs et je me
prend a reflechir a notre bien insignifiante position de "marins" au
centre d'un ocean.
Bizarrement, c'est dur de realiser qu'on est au milieu de l'Atlantique.
Une transat c'est finalement une navigation comme les autres (un bateau,
un equipage et la meteo), sauf qu'elle dure plus longtemps. Grace a
l'iridium, on reste connectes au reste du monde, on recoit les emails,
on lit vos commentaires et on prend la meteo. On est loin des
navigations d'antant ou les marins devaient envoyer des messages au
lance-pierre sur le pont des cargos pour donner de leurs nouvelles.
Mais je dirais qu'avant tout, cette transat c'est une belle aventure
humaine. Un equipage de 3 personnes sur un petit bateau, sans acces a
l'electricite autre que celle qu'on peut produire, sans eau courante,
sans supermarche au coin de la rue et soumis aux caprices de la mer...
ca apprend beaucoup sur la vie! La patience vis-a-vis des autres, le
partage des taches du bord, gerer la fatigue et le stress d'une meteo
pas toujours favorable, prendre le temps de reflechir a soi, sentir la
nature partout autour... sont quelques unes des petites choses que j'ai
appris/j'apprend en mer. Mais cette vie simple et detachee de tout me
montre surtout qu'il y a autre chose, autre chose que notre vie
trepidante et bien reglee de citadins. Un endroit ou les minutes n'ont
pas la meme valeur et ou l'on redecouvre la juste valeur des petits
plaisirs trop facilement accessibles dans notre quotidien d'europeens.
Si je devais retenir un seul apsect positif a cette longue traversee je
dirais que c'est d'avoir du temps pour soi. Du temps pour lire tout son
saoul, pour cuisiner, pour reflechir, pour discuter et puis aussi du
temps pour ne rien faire, juste se poser sur le pont et regarder la
valse des poissons volants. Apprendre a ne rien faire. Vous allez rire,
mais ce n'est pas si facile!
De meme, si je ne devais retenir qu'un seul aspect un peu plus difficile
de cette transat, ca serait notre "malchance" avec le temps. Apres la
"machine a laver" des premiers jours, on a eu 3 petits jours
magnifiques. On est maintenant dans un front pluvieux, tout est gris
dehors et les temperatures ont bien baissees. Les previsions pour la
suite ne sont gueres encourageantes avec beaucoup de petole! Mais on a
toujours bon espoir d'etre en Martinique avant le 23 decembre pour
pouvoir accueillir ma famille comme il se doit!
Marie
jeudi 20 septembre 2012
La chance de partir
Quart de nuit entre Porto et Lisbonne, il est 2h du matin. Par cette
nuit tranquille, je me sens l'ame a discourir! L'Olonnois avance a 3-4
noeuds au moteur dans du vent tres mou. Il n'y a pas un chat a l'horizon
et pas un chat sur l'AIS. Thomas dort (et ronfle meme un peu)... la voie
est libre, je peux me mettre a la table a carte et laisser filer mes
pensees.
La chance de partir et de vivre tout ca... beaucoup de gens nous l'ont
dit ou ecrit depuis que nous avons quitte la Norvege. De la chance,
c'est sur qu'on en a, je me le repete tous les jours! La chance de
pouvoir profiter de ce temps qui nous est "offert", sans enfant, pour
voir le monde et vivre notre amour au jour le jour, sans reel calendrier.
Mais la chance, il nous a aussi fallu aller la chercher un peu. Je me
souviens tres bien de cette periode ou, bien au chaud dans notre appart
a Oslo, on a commence a parler de voyage, et de voyage a la voile.
C'etait d'abord plus un reve qu'autre chose, et puis un jour Thomas m'a
pris entre 4 yeux et m'a dit, bon alors, quand est-ce-qu'on part?! Ete
2012, ca a ete vite decide. Et ensuite tout s'est enchaine, de plus en
plus vite jusqu'au jour du depart. Il a d'abord fallu trouver le bateau.
_U_ne annee a eplucher les petites annonces sur internet pour se faire
une idee du marche et des prix, avant de veritablement oser se lancer
dans la recherche de notre futur bateau. Recherche qui s'est d'ailleurs
terminee rapidement puisque l'Olonnois etait seulement le 3eme bateau
que nous visitions. Il a ensuite fallu ramener le bateau a Trondheim,
une premiere expedition qui a ouvert la porte au futur voyage.
L'Olonnois marchait bien et nous etions heureux en mer... il n'y avait
plus qu'a! Plus qu'a preparer le bateau pour le grand depart.
Installation d'un chauffage diesel, d'un nouveau pilote automatique,
d'instruments de vent, d'eclairage LED a la place des neons, de panneaux
solaires, d'une eolienne, fabrication et pose de l'arceau, revision
complete du systeme electrique, achat d'un nouveau radeau de survie et
de tout le materiel de securite, d'une grand voile tempete, revision de
la grand voile actuelle, carrenage, pose de nouvelles anodes sur toute
la coque... Bref, on n'a pas chome!
Et puis un jour, il y a 2 mois et demi, nous sommes partis. Depuis, nous
sommes libres de nous lever a l'heure qui nous fait plaisir, nous
mangeons quand nous avons faim et nous prenons le temps de discuter, de
partager... au rythme tranquille d'une vie sans autre contrainte que la
meteo, l'approvisionnement de la cambuse et l'entretien du bateau. Mais
ca serait mentir que de vous dire que pendant ces 2 mois et demi, tout a
ete facile. Il y a eu d'abord la galere de la mer du nord, a barrer
24h/24 dans le vent, la houle et le froid, la pluie en Ecosse, la
tempete qui nous a bloques une semaine a Dublin, le pilote qui a
recommence a faire des siennes en Espagne, la petole au Portugal, les
petites mesententes et la patience qui manque parfois... Et puis il y a
l'entretien continuel du bateau qui prend beaucoup de place dans nos
journee, et qui est, pour moi, pas toujours tres drole. Il y a aussi les
petits coups de cafard, loin du pays, de la famille et des amis, dans
des endroits constamment nouveaux et inconnus...
Mais bien au dessus de tout ca, heureusement, il y a la decouverte de
nouveaux horizons, de nouvelles cultures, de nouvelles villes, de
nouvelles cuisines. Il y a les rencontres, les discussions sur les
pontons, les petits coups de mains, la joie de vivre, les grandes
ballades, le soleil et la chaleur, les mails des proches... Bref, tout
ce que nous essayons de vous faire partager via ce blog.
Donc famille, amis, je suis d'accord... on a bien de la chance de
pouvoir vivre une telle experience et c'est pour ca qu'on essaye tous
les jours d'en profiter au maximum!!!!! Sur ces belles paroles, il est
bientot 3h, et c'est l'heure pour moi de preparer un petit quelque chose
a manger avant de reveiller Thomas pour son quart. Bonne nuit tout le monde!
nuit tranquille, je me sens l'ame a discourir! L'Olonnois avance a 3-4
noeuds au moteur dans du vent tres mou. Il n'y a pas un chat a l'horizon
et pas un chat sur l'AIS. Thomas dort (et ronfle meme un peu)... la voie
est libre, je peux me mettre a la table a carte et laisser filer mes
pensees.
La chance de partir et de vivre tout ca... beaucoup de gens nous l'ont
dit ou ecrit depuis que nous avons quitte la Norvege. De la chance,
c'est sur qu'on en a, je me le repete tous les jours! La chance de
pouvoir profiter de ce temps qui nous est "offert", sans enfant, pour
voir le monde et vivre notre amour au jour le jour, sans reel calendrier.
Mais la chance, il nous a aussi fallu aller la chercher un peu. Je me
souviens tres bien de cette periode ou, bien au chaud dans notre appart
a Oslo, on a commence a parler de voyage, et de voyage a la voile.
C'etait d'abord plus un reve qu'autre chose, et puis un jour Thomas m'a
pris entre 4 yeux et m'a dit, bon alors, quand est-ce-qu'on part?! Ete
2012, ca a ete vite decide. Et ensuite tout s'est enchaine, de plus en
plus vite jusqu'au jour du depart. Il a d'abord fallu trouver le bateau.
_U_ne annee a eplucher les petites annonces sur internet pour se faire
une idee du marche et des prix, avant de veritablement oser se lancer
dans la recherche de notre futur bateau. Recherche qui s'est d'ailleurs
terminee rapidement puisque l'Olonnois etait seulement le 3eme bateau
que nous visitions. Il a ensuite fallu ramener le bateau a Trondheim,
une premiere expedition qui a ouvert la porte au futur voyage.
L'Olonnois marchait bien et nous etions heureux en mer... il n'y avait
plus qu'a! Plus qu'a preparer le bateau pour le grand depart.
Installation d'un chauffage diesel, d'un nouveau pilote automatique,
d'instruments de vent, d'eclairage LED a la place des neons, de panneaux
solaires, d'une eolienne, fabrication et pose de l'arceau, revision
complete du systeme electrique, achat d'un nouveau radeau de survie et
de tout le materiel de securite, d'une grand voile tempete, revision de
la grand voile actuelle, carrenage, pose de nouvelles anodes sur toute
la coque... Bref, on n'a pas chome!
Et puis un jour, il y a 2 mois et demi, nous sommes partis. Depuis, nous
sommes libres de nous lever a l'heure qui nous fait plaisir, nous
mangeons quand nous avons faim et nous prenons le temps de discuter, de
partager... au rythme tranquille d'une vie sans autre contrainte que la
meteo, l'approvisionnement de la cambuse et l'entretien du bateau. Mais
ca serait mentir que de vous dire que pendant ces 2 mois et demi, tout a
ete facile. Il y a eu d'abord la galere de la mer du nord, a barrer
24h/24 dans le vent, la houle et le froid, la pluie en Ecosse, la
tempete qui nous a bloques une semaine a Dublin, le pilote qui a
recommence a faire des siennes en Espagne, la petole au Portugal, les
petites mesententes et la patience qui manque parfois... Et puis il y a
l'entretien continuel du bateau qui prend beaucoup de place dans nos
journee, et qui est, pour moi, pas toujours tres drole. Il y a aussi les
petits coups de cafard, loin du pays, de la famille et des amis, dans
des endroits constamment nouveaux et inconnus...
Mais bien au dessus de tout ca, heureusement, il y a la decouverte de
nouveaux horizons, de nouvelles cultures, de nouvelles villes, de
nouvelles cuisines. Il y a les rencontres, les discussions sur les
pontons, les petits coups de mains, la joie de vivre, les grandes
ballades, le soleil et la chaleur, les mails des proches... Bref, tout
ce que nous essayons de vous faire partager via ce blog.
Donc famille, amis, je suis d'accord... on a bien de la chance de
pouvoir vivre une telle experience et c'est pour ca qu'on essaye tous
les jours d'en profiter au maximum!!!!! Sur ces belles paroles, il est
bientot 3h, et c'est l'heure pour moi de preparer un petit quelque chose
a manger avant de reveiller Thomas pour son quart. Bonne nuit tout le monde!
jeudi 5 juillet 2012
59 semaines!
Soiree un peu speciale pour moi ce soir puisque depuis quelques heures je suis en vacances pour... les 59 prochaines semaines! Impossible pour l'instant de prendre la dimension de ce que tout cela veut dire. J'ai avant tout besoin d'une bonne nuit de sommeil! La semaine fut chargee tant au boulot que sur le bateau. Thomas, quand a lui, travaille encore demain... le pauvre!
On n'a maintenant plus qu'une envie c'est de larguer les amarres et s'eloigner de cette vie trepidante qui ne nous a pas laisser beaucoup de repos ces dernieres semaines. Et ca tombe justement tres bien puisque au vu des previsions meteo, le depart que l'on avait initialement prevu pour mardi prochain a finalement ete avance a samedi matin. On espere ainsi devancer l'anticyclone qui est prevu sur la mer du nord en fin de semaine prochaine... a voir si tout se passe comme dans les plans!
Ceci est donc peut-etre le dernier post que j'ecris depuis Trondheim :-)
On n'a maintenant plus qu'une envie c'est de larguer les amarres et s'eloigner de cette vie trepidante qui ne nous a pas laisser beaucoup de repos ces dernieres semaines. Et ca tombe justement tres bien puisque au vu des previsions meteo, le depart que l'on avait initialement prevu pour mardi prochain a finalement ete avance a samedi matin. On espere ainsi devancer l'anticyclone qui est prevu sur la mer du nord en fin de semaine prochaine... a voir si tout se passe comme dans les plans!
Ceci est donc peut-etre le dernier post que j'ecris depuis Trondheim :-)
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